Interrupteur différentiel : fonctionnement et importance
Qu'est-ce qu'un interrupteur différentiel ?
Un interrupteur différentiel — aussi appelé disjoncteur différentiel ou simplement « le différentiel » — est un dispositif de protection installé dans votre tableau électrique qui protège les personnes contre l'électrocution. C'est l'un des composants de sécurité les plus importants de votre installation électrique, et il est obligatoire selon le RGIE (Livre 1, chapitre 4.2).
Précisons d'emblée : un différentiel n'est pas la même chose qu'un disjoncteur (fusible). Un disjoncteur protège le câblage contre la surcharge et le court-circuit. Un différentiel protège les personnes contre l'électrocution. Les deux sont nécessaires et se complètent.
Comment fonctionne un interrupteur différentiel ?
Le principe de fonctionnement est aussi simple qu'élégant. L'interrupteur différentiel mesure en permanence la différence entre le courant qui part vers un appareil par la phase et le courant qui revient par le neutre. En situation normale, ces deux courants sont exactement égaux : ce qui entre ressort intégralement.
Si un courant de fuite apparaît quelque part — par exemple parce que quelqu'un touche un élément sous tension, ou parce que du courant s'échappe vers la terre via un appareil défectueux — il y a une différence entre le courant aller et le courant retour. Cette différence signifie que du courant « fuit » par un chemin indésirable (par exemple à travers un corps humain).
Dès que cette différence dépasse le seuil de sensibilité (p. ex. 30 mA), le différentiel coupe le circuit en une fraction de seconde — en 30 à 300 millisecondes. C'est suffisamment rapide pour éviter une électrocution mortelle.
Sensibilité : 30 mA vs 300 mA
Il existe des interrupteurs différentiels de différentes sensibilités :
- 30 mA (haute sensibilité) : protège les personnes contre l'électrocution. Le nouveau RGIE l'impose pour tous les circuits d'une installation domestique. Un courant de 30 mA n'est en principe pas encore mortel pour un adulte en bonne santé.
- 300 mA (sensibilité ordinaire) : protège surtout contre le risque d'incendie dû aux courants de fuite, mais offre une protection insuffisante contre l'électrocution. Était autrefois utilisé comme différentiel principal. Peut encore servir de protection complémentaire en tête d'installation.
- 10 mA (très haute sensibilité) : parfois utilisé pour des applications particulières, comme les piscines extérieures. Peu courant dans les installations domestiques standard.
Le RGIE rénové (2020) a durci l'exigence : tous les circuits doivent être protégés par un différentiel de maximum 30 mA. Dans les installations plus anciennes équipées d'un seul différentiel principal de 300 mA, il est fortement conseillé d'ajouter des différentiels 30 mA supplémentaires.
Les types d'interrupteurs différentiels
Il existe plusieurs types, chacun détectant un genre différent de courant de fuite :
- Type AC (30-50 €) : détecte uniquement les courants de fuite alternatifs purs (sinusoïdaux). Est de moins en moins utilisé, car beaucoup d'appareils modernes (drivers LED, chargeurs) ne produisent pas un courant alternatif pur.
- Type A (50-80 €) : détecte les courants de fuite alternatifs et continus pulsés. C'est le type le plus courant et le plus recommandé pour les installations domestiques. Obligatoire pour les circuits alimentant des appareils électroniques.
- Type F (80-120 €) : comme le type A, mais avec une protection supplémentaire pour les appareils à variateur de fréquence (p. ex. pompes à chaleur, climatiseurs).
- Type B (200-400 €) : détecte aussi les courants de fuite continus purs. Nécessaire pour certaines bornes de recharge et certains onduleurs sans protection DC intégrée.
De combien de différentiels avez-vous besoin ?
Le RGIE exige que tous les circuits soient protégés par un différentiel 30 mA. Mais il n'est pas judicieux de raccorder tous les circuits à un seul et même différentiel. Si celui-ci se coupe, toute votre habitation est privée de courant.
Une bonne règle de base pour une habitation moyenne :
- 1 différentiel principal de 300 mA (optionnel, comme protection incendie supplémentaire)
- 2 à 4 différentiels de 30 mA, répartis sur les circuits :
- Groupe 1 : éclairage
- Groupe 2 : prises
- Groupe 3 : cuisine (taque de cuisson, four, lave-vaisselle)
- Groupe 4 : buanderie, salle de bain, installation extérieure
Ainsi, quand un différentiel se déclenche, une partie de votre installation continue toujours de fonctionner.
Le différentiel sur votre schéma unifilaire
Sur votre schéma unifilaire, l'interrupteur différentiel est représenté par un symbole RGIE spécifique. On y mentionne : le type (A, B, AC ou F), la sensibilité (30 mA ou 300 mA) et l'ampérage nominal (p. ex. 40A ou 63A).
Avec Schéma Unifilaire app, vous ajoutez facilement des différentiels à votre schéma, avec les bonnes spécifications.
Testez régulièrement votre différentiel
Chaque interrupteur différentiel possède un bouton de test (marqué « T »). En appuyant sur ce bouton, vous simulez un courant de fuite. Le différentiel doit se couper immédiatement. Le RGIE recommande d'effectuer ce test chaque mois.
Le bouton de test ne réagit pas ? Votre différentiel est peut-être défectueux et doit être remplacé au plus vite. Un différentiel qui ne fonctionne pas n'offre aucune protection — et c'est extrêmement dangereux. Lors du contrôle, le fonctionnement de chaque différentiel est d'ailleurs testé.